Qui dit fêtes de fin d’année, dit repas de famille, dit parfois famille étendue, dit souvent échange des dernières nouvelles. Si pour certains cela consiste à dire « oh, il a bien grandi Chérubin », à d’autres on préfère dire « tu joues toujours à la maîtresse ? ».
Ça c’est la version pour les adultes. Car il y a aussi la version pour les enfants. Des petites phrases dites pour s’assurer que tout va bien chez nous, mais qui consistent à demander « il y a 3 adultes et 3 enfants, ça fait combien de personnes en tout ? » suivi en général de « oh, tu lui apprends à compter, c’est bien » ou « à 6 mois, Chérubin connaissait déjà toutes les tables de multiplications ».

Bon je force un peu le trait, mais j’ai déjà personnellement entendu certaines phrases (peut-être pas à six mois les multiplications, mais ne chipotons pas). Et d’autres, jusqu’à écrire un article pour répondre avec humour aux critiques contre l’IEF.
Voici donc quelques astuces pour tenir la barre jusqu’à la fin de chaque repas de famille.
1. Changer de sujet
OK, plus facile à dire qu’à faire.
L’astuce est de dire « oui, oui » puis d’enchaîner avec une question les concernant. Ça marche mieux avec un sujet qu’ils adorent. Demander des nouvelles du chien, l’avancée des travaux, bref lancer votre interlocuteur sur ce dont il/elle aime parler.
Et si la personne est désagréable, mettez les point sur les i : « je n’ai pas envie de jouer à l’avocat de mon choix de vie pendant les fêtes ».
2. Mettre en avant le plaisir d’être avec vos enfants
C’est un argument inattaquable et souvent accepté en société. C’est être un bon parent que d’aimer ses enfants. Bon pas trop, il faut savoir couper le cordon. L’équilibre n’est pas toujours facile à comprendre.
3. Ne pas attaquer les choix des autres
C’est quelque chose que je ne comprends pas mais que j’ai souvent observé : faire l’instruction en famille est vu comme un jugement du choix de scolarisation chez les autres.
« On essaye tous de trouver le mieux pour notre enfant » est ma phrase préférée.
De même « on fait tous avec les cartes que nous avons », les choix et les possibilités ne sont pas toujours les mêmes selon les contextes familiaux et sociaux.
4. Ne pas dévoiler la vie de ses enfants pour les satisfaire
Ce point est délicat, la famille veut être sûre que l’enfant est éduqué, qu’il a des amis, qu’il n’est pas séquestré dans la cave. Le plus simple est de dire qu’il a des amis, qu’il fait telle ou telle activité. Mais en fait, il s’agit de leur vie privé, ça regarde notre enfant et il n’a peut-être pas envie d’en parler à tout le monde.
Alors on raconte, un peu ; on reste dans le vague, beaucoup.
5. Remercier de tant s’inquiéter
Peut-être pas l’astuce la plus pertinente a dévoilé en public (c’est mon arme secrète normalement) mais elle est vraiment efficace car elle change le discours et surtout l’ambiance
Le principe est simple, quand la personne pose des questions, juge, critique, il suffit de répondre « merci de tant t’inquiéter pour mes enfants ». C’est tout.
La personne poursuit alors la discussion sur un autre ton (ou s’en va). Elle ressort des anecdotes sur la scolarité de ses enfants, elle évoque du harcèlement ou les difficultés à faire des études / trouver du travail. Bref, elle exprime ses propres inquiétudes qui n’ont en général rien à voir avec nous.
Et rester zen
N’oubliez pas de respirer, de sortir (voir s’il neige, s’il a arrêté de pleuvoir…), de passer du temps avec les enfants (non pour les surveiller mais bien pour être avec eux), de garder les pieds au sol (littéralement) et les épaules relâchées.
Ça ne dure que quelques jours !

