Retour sur ma première rencontre nationale LAIA

Chaque année en mai, il est possible de passer une semaine en camping à l’occasion d’une rencontre IEF entre membres LAIA. Cela fait partie de l’ADN de cette association qui se veut familiale et qui favorise avant tous les échanges entre les familles.
En 2024, j’y suis allée pour la première fois alors que cela fait plusieurs années que je vois passer les mails pour s’inscrire. Il n’est pas facile de franchir le pas et c’est une autre famille qui m’a permis de faire ma première rencontre nationale LAIA !

La rencontre nationale LAIA de mai : qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une semaine dans un camping plutôt dans le sud de la France (ces trois dernières années, c’était en Dordogne, pas très loin de Sarlat). À cette occasion, le camping est uniquement ou majoritairement occupé par des familles faisant l’instruction en famille.

Chacun est invité à proposer des ateliers ou des temps d’échange sur un thème précis et on participe aussi librement à ce que l’on veut. Cette année, il y avait au programme :
– le marché des enfants,
– une discussion sur l’amitié chez les pré-ados et ados en IEF,
– des jeux de société,
– de la sculpture de ballons,
– un échange autour de la pédagogie Charlotte Mason,
– un atelier pour avancer sur le dossier pour une demande IEF pour motif 4,
– un atelier médiation,
– une marche facile au réveil,
– etc.

Le camping est lui-même propice aux temps ensembles avec une piscine, une structure gonflable, des trampolines, un snack, une soirée avec DJ.

extrait de planning de la rencontre nationale LAIA 2024
Deux extraits de planning, je n’en montre pas plus car il y avait parfois des noms ou des numéros de téléphone. Cela donne tout de même une idée des échanges possibles.

Qui sont les participants ?

Il y a une condition incontournable pour participer à cette rencontre nationale entre familles IEF : être adhérents LAIA. C’est tout ! C’est tellement simple que j’ai rencontré une famille qui a adhéré uniquement pour pouvoir venir.

Les participants sont très divers même si les familles viennent pour beaucoup du sud-ouest. En effet, il y a encore peu, il y avait deux rencontres par an, une en mai dans le sud et une autre en septembre plus au nord.

Si la majorité des enfants sont en instruction en famille, ce n’est pas le cas à 100 %. J’ai croisé des ados qui ont repris le chemin de l’école mais qui continuent à venir pour retrouver les copains. Il y a des familles qui ont choisi l’IEF pour la rentrée prochaine et celles pour qui c’est la dernière année (par choix ou suite à un refus d’autorisation).

Cela signifie que les enfants sont de tous les âges, de quelques mois à l’entrée dans l’âge adulte. Certains sont déjà allés à l’école, d’autres jamais, certains font du unschooling, d’autres ont des emplois du temps strict. Il y avait également plusieurs familles nomades.

Le camping de la rencontre nationale IEF de LAIA
Je n’ai pas pensé à prendre en photo les mobil home. Cet espace ouvert débouche sur un espace de jeux pour les chiens.

Ce que j’en ai pensé

Cela fait des années que je connais cette rencontre puisque cela fait longtemps que je suis adhérente LAIA (plus de 6 ans, j’avais choisi cette association pour le Journal Les plumes qui n’existe plus mais certains numéros sont encore en vente). Il y a deux raisons qui me retenaient de participer.
Tout d’abord, c’est inaccessible sans voiture. Le camping est vraiment au milieu de nulle part et comme tout le monde se déplace en famille, des places en covoiturage sont difficiles à trouver.
Ensuite, j’étais intimidée à l’idée d’arriver et de ne connaître personne. Si en ligne je discute avec n’importe qui, en face à face, j’ai beaucoup plus de mal à faire le premier pas.

Cette année, j’avais la possibilité d’y aller avec un duo mère-fille partant quasiment de Mulhouse. De plus, on m’avait assuré qu’il y aurait des ados pour ma fille alors que les rencontres dans ma ville avec de « grands » enfants sont devenues quasiment inexistantes.

L’arrivée a été rude. Il n’y avait pas de temps dédié pour faire connaissance, tout le monde ne répondait pas quand on dit bonjour, énormément de personnes se connaissaient déjà. J’ai vraiment cru que j’allais passer la semaine seule avec l’autre maman qui nous avait conduite jusqu’ici.

Sauf que ce ressenti n’était pas que le mien : une personne moins timide que moi a demandé à avoir un temps pour que les nouveaux puissent faire connaissance. Ce premier échange a tout de suite changé la donne pour moi. C’était aussi le rappel que le programme de la semaine est entre les mains des participants et non de l’association.
Motivée par son exemple, j’ai acheté de quoi faire du café en grande quantité (je n’avais prévu que ma cafetière qui ne prépare qu’une tasse à la fois) et j’ai proposé à plusieurs reprises de prendre le café en début d’après-midi sur la terrasse de mon mobil-home. C’était la meilleure idée qui soit : je n’avais pas à faire le pas d’entrer dans un groupe (restant sur ma terrasse) mais j’ai pu échanger avec des personnes enrichissantes (et pas seulement sur la question de l’IEF).

Au final, j’ai pu moi aussi profiter de cette semaine. Isolée au quotidien, j’ai pu me rappeler que notre vie marginale ne l’est pas tant que ça. D’autres personnes font le même choix et sont donc confrontées aux mêmes questions et aux mêmes difficultés.

Le nombre important de famille m’a aussi permis de me sentir « normale ». C’est sympa de voir que les supports que j’utilise sont appréciés par d’autres personnes (comme les maths avec les frères Lyons), de s’échanger des titres de livres ou des noms de podcasts, d’acheter d’occasions un peu de matériel. Car si la différence est enrichissante, elle peut aussi être fatigante à la longue.

Petit bonus personnel : quitte à aller si loin, j’avais espéré profiter de la région un minimum.
Une famille nous a emmené Nine et moi jusqu’au marché de Montignac, un moment hors camping qui a permis à tout le monde de sympathiser en testant des fromages et du foie gras.
Nous avons aussi visité Sarlat et la Roque Gageac grâce à la famille qui nous avait conduit depuis l’Alsace. Mais je le redis, sans voiture, on ne peut rien faire (ou alors il faut venir en vélo, ce qu’une famille a fait).

La Vézère à Montignac
Dépaysement en traversant la Vézère pour rejoindre le marché de Montignac

L’avis de ma fille

Elle a vraiment adoré !
Le fait que ce soit dans un camping offre déjà une grande liberté de mouvements en toute sécurité. Elle a rapidement pu sympathiser avec différentes personnes. Elle s’est faite une bande de copains, a intégré le marché des enfants (en vendant des bracelets), a testé de nouveaux jeux de société et a échangé pleins d’adresses avant de partir.

Le retour à la réalité était un peu dur, surtout qu’elle a bien compris qu’un grand nombre de ses nouveaux copains iraient à l’école à la rentrée prochaine. Le stress et l’ambiance morose imposés par une demande d’autorisation et non une simple déclaration touchent tout le monde.

Marché des enfants à la rencontre IEF de LAIA
Le grand stand du marché des enfants avec derrière chaque tache jaune un grand sourire.

Est-ce que je retournerai à la rencontre nationale LAIA ?

C’était fatigant (entre la pluie, le froid, une invasion de larves de mouches et juste le fait de parler à plein de gens inconnus) mais c’était stimulant. C’est un peu comme si j’avais voulu charger mes batteries en accéléré : une seule semaine pour tenir une année (ou plus) en IEF.

Je trouve ça hyper stimulant pour les enfants et les parents. On sort tous de notre zone de confort, on se retrouve à questionner certaines de nos habitudes mais surtout on vit dans une bulle de « normalité » où tout le monde a les mêmes références de base. Cela permet d’aller tout de suite au cœur des discussions.

Je ne sais pas si j’aurai la possibilité d’y retourner l’année prochaine, mais cela me donne envie en tout cas. Je vais même jeter un œil du côté de LED’A qui organise aussi de telles rencontres avec ses adhérents, c’est peut-être plus accessible quand on vit sans voiture…

2 réponses sur “Retour sur ma première rencontre nationale LAIA”

  1. Bonjour,
    J’ai beaucoup aimé votre article.
    Je me suis beaucoup retrouvée dedans, concernant l’isolement notamment mais pas que… C’est vrai que même si on sait que le choix de l’IEF est bénéfique pour l’enfant et l’ensemble de la famille, c’est pas toujours facile moralement. Il faudrait que j’adhère à une association pour le côté social, mes jumeaux aimerait rencontrer des jeunes en IEF aussi, sous réserve d’acceptation…

    1. Bonjour,
      D’une région à une autre il est plus ou moins facile de trouver du monde, Facebook étant souvent un bon point de départ. Si vous ne trouvez rien, n’hésitez pas à nous envoyer un message privé avec le formulaire de contact en nous donnant votre département et l’âge de vos jumeaux. Nous aurons peut-être une piste concrète à vous donner.
      Surtout que cela aide aussi à s’organiser quand on ne reçoit pas l’autorisation pour contester la décision.
      Bonne continuation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *