Voilà, j’ai tout dit. Tout est dans le titre. N’arrêtez pas de lire à voix haute aux enfants. Les vôtres, ceux des voisins, ceux de votre famille étendue. Au petit-déjeuner, au moment de se coucher, devant la cheminée, sur la plage.
Il n’y a pas d’endroits parfaits, pas de règles, pas d’obligation.
Mais pourquoi ?
Alors que je déteste les injonctions et les « il faut », pourquoi là, un article avec un tel impératif ?

Avant tout car j’y vois le ciment d’une famille. Ce sont des moments dans lequel on ne se doit rien. On peut se câliner, se tenir chaud, faire du repassage ou du coloriage. Une personne peut lire à voix haute ou tout le monde peut être regroupé pour écouter un livre audio.
On se crée ainsi une culture commune. Ce qui permet d’avoir des blagues communes, des clins d’œil, des souvenirs, des mots / idées / émotions rien qu’à nous.
En instruction en famille, c’est aussi une extraordinaire façon de ramener une forme d’unité quand on est en période de stress. Lire un livre, à voix haute, n’est jamais du temps perdu. Même si on lit un roman de fantasy que l’on ne sait pas faire entrer dans les programmes officiels plutôt qu’un récit historique parfait pour le collège.
Et puis si ça ne suffit pas, voici quelques arguments scolaires et intellectuels.
Continuer à lire à voix haute à un enfant en cours d’apprentissage de la lecture maintient « la lecture » du côté des plaisirs et non comme « devoir scolaire ». Cela permet de continuer à aimer les livres et les histoires même quand l’enfant n’aime pas écrire et lire.
La lecture à voix haute est le seul outil qui permet d’accéder à une langue parfaite, à la grammaire juste. Quand on lit dans sa tête, on saute des lettres, involontairement, mais on ne prête jamais attention à chaque signe sur la page. À l’oral, on préfère tous dire « j’en veux pas » plutôt que « je n’en veux pas ». Lors de la lecture, pas le choix, on prononce comme c’est écrit et donc en respectant les nombreuses règles de grammaire et de prononciation.
Cela permet d’accéder à des récits complets et des structures narratives, d’aller au bout d’un texte, peu importe son aisance dans la lecture. Cela permet donc de construire des histoires, de saisir le concept de progression.
Enfin, on profite d’un vocabulaire enrichi, comprenant des éléments extérieurs à notre vie quotidienne. Pas besoin d’aller au Nigeria pour découvrir la cuisine, le roman Les enfants des sables mouvants m’a fait saliver simplement en suivant l’héroïne dans son quotidien avec sa grand-mère.
Je ne suis pas la seule à défendre la lecture à voix haute comme un trésor à protéger peu importe l’âge des enfants. Je vous invite à écouter ce podcast (en anglais) qui offre la lecture à voix haute comme réponse à la question What to do with your struggling reader.

