J’ai demandé à des parents qui font ou ont fait l’instruction en famille avec leurs enfants de compléter cette phrase. « Si c’était à refaire »…
Je vous laisse découvrir leurs réponses, en vrac, sans aucun classement. J’ai promis à chacun et chacune l’anonymat pour leur permettre de s’exprimer librement. J’ai juste demandé éventuellement quelques détails sur les enfants, car le ressenti n’est pas toujours le même avec un ado, un enfant solo ou une grande fratrie.
N’hésitez pas à votre tour à laisser un commentaire avec votre propre phrase « si c’était à refaire… »

« Si c’était à refaire, je laisserais davantage la place à l’unschooling (l’apprentissage libre). Pour coller aux injonctions des inspections j’ai fait en sorte d’avoir des écrits, une instruction formelle, mais ça n’est pas ce qui lui convenait. Et résultat, à bientôt 13 ans, il est toujours aussi dégoûté d’apprendre, et reprendre le chemin de l’école (collège alternatif tout de même) à la rentrée (à sa demande). C’est un peu un échec pour moi, dans le sens où je n’ai pas réussi à rendre cette notion « d’apprendre » safe et agréable pour lui.
Sinon, pour le reste, je ne changerais rien, surtout pas cette dernière année de désobéissance civile, qui m’a montré que braver le système n’est pas si compliqué et effrayant que ça. »
Maman d’un ado en IEF depuis 5 ans
« Si c’était à refaire, nous nous serions lancés beaucoup plus tôt.
Notre fils a été scolarisé de la PS à la moitié de la MS (septembre 2018 à décembre 2019). Il a développé une véritable phobie scolaire, tandis que l’institution nous infantilisait (nous, les parents). Je regrette d’avoir cédé à la pression sociétale, « tu l’as scolarisé le premier jour, alors tu dois poursuivre sa scolarisation ». Je remercie mon mari de m’avoir dit « ça suffit, l’année prochaine tu te mets à 50 % et nous faisons l’IEF ». Il lui a fallu deux mois d’IEF pour se rassurer et comprendre que l’école, c’était vraiment fini.
Si c’était à refaire, je me serais de nouveau mobilisée auprès de FELICIA contre la loi confortant le respect des principes de la Républiques mais avec plus de recul et en prenant moins de temps sur mon bien-être et celui de ma famille.
Si c’était à refaire, je dépenserais moins d’argent dans du matériel que je trouvais ludique et qu’on a au final pas ou peu utilisé.
Si c’était à refaire, nous referions l’IEF avec notre enfant car nous lui offrons une enfance merveilleuse, faite de jeux et de passion. »
Maman d’un enfant en IEF depuis 5 ans
« Si c’était à refaire, je ne déclarerais jamais mon enfant en instruction en famille, puisqu’iel n’est jamais allé.e à l’école. »
Parent d’un.e ado
« Si c’était à refaire …
… je ferais davantage confiance à l’enfant, même tout petit.
… je me mettrais moins la pression à cause du contrôle pédagogique.
… je prendrais davantage le temps d’approfondir les sujets que les enfants affectionnent le plus.
… j’impliquerais davantage les enfants dans l’organisation et le planning des activités et sorties.
… on ferait davantage de sorties en pleine nature.
… on trouverait le temps de voir les amis plus souvent. »
Maman de deux enfants
« Si c’était à refaire, je changerai de psy / orthophoniste dès la première séance quand on m’annonce que le problème c’est l’IEF et ma vision de l’instruction (j’étais trop exigeante selon eux). On a perdu des années à cause de ça. L’IEF est la cause de tous les soucis, quand on écoute certains professionnels. Heureusement ce n’est pas le cas de tous et dès que l’un d’entre eux a pris le temps de poser un diagnostic sans préjugé, cela a débloqué tout le reste. »
Maman d’une jeune fille de 13 ans
« Si c’était à refaire, j’aurais enregistré tous les contrôles pédagogiques. Le seul que je n’ai pas enregistré (j’avais pris confiance car les années précédentes, tout s’était bien passé), ça s’est super mal passé.
Je prendrais les demandes d’autorisation avec un peu plus de recul car, chez moi, ça a causé, mélangé à d’autres choses, un déni de grossesse.
Je déposerais mes dossiers le premier jour des campagnes de demande.
Peut-être que je verbaliserais davantage à mes enfants le lien entre l’activité X et telle ou telle matière… je n’ai jamais fait d’histoire et géographie de manière formelle par exemple. Et du coup, parfois, mes enfants me disent « on n’a jamais fait d’histoire géo non ». Ah !
Je serais plus assidue dans l’apprentissage des langues, je nous en veux, à nous parents, de ne pas avoir vraiment pratiquer l’immersion… par flemme.
Mais quand je réfléchis, je me dis que j’ai fait au mieux avec les cartes que j’ai en main. »
Maman de 5 enfants né entre 2012 et 2024
« Si c’était à refaire, je me ferais davantage confiance et écouterais moins les doutes extérieurs. Je m’écouterais plus, je croirais en mes choix, et surtout, je referais ce choix, car c’est le meilleur pour mes enfants.
Si c’était à refaire, je mettrais de côté cette petite voix de la pression, celle qui murmure « Et si tu échoues ? Et si tu n’es pas capable ? Et si tu n’en fais pas assez ? » Car cette peur m’a parfois poussée à chercher des solutions qui, en réalité, ne convenaient pas. Pour les années de quatrième et de troisième de mon ado, par exemple, j’ai voulu sécuriser son apprentissage en lui proposant plusieurs cours en visio, pensant que c’était indispensable. Avec le recul, je réalise qu’elle aurait été bien plus épanouie en suivant sa propre manière d’apprendre, même si ce n’était pas conventionnel. Si c’était à refaire, je l’écouterais davantage et, surtout, je me ferais confiance.
Si c’était à refaire, je referais tout, ou presque, avec la même conviction, mais avec davantage de sérénité. Car je sais que chaque enfant mérite de grandir à son rythme, et que la confiance en soi est le plus beau cadeau que l’on puisse lui transmettre. C’est d’ailleurs le choix que je fais une nouvelle fois pour mon petit dernier, dont ce sera sa première année d’IEF en septembre prochain. »
Mathilde, maman de 3 enfants de 3 , 10 et 15 ans et demi
« Si c’était à refaire, ce serait sans hésiter car c’est et cela restera la période la plus belle de notre vie familiale. »
Maman de trois enfants

