Faire de la grammaire en bougeant

Que diriez-vous de faire de la grammaire en bougeant ou plutôt en invitant les enfants à gigoter. Il ne s’agit pas de bouger juste pour faire les pitres mais de lier le mouvement à la compréhension ou à l’automatisation de certaines connaissances. Je vous propose ci-dessous les grandes lignes de différentes activités, à vous de vous les approprier et de les adapter à l’âge de vos enfants (ou élèves, car certaines choses fonctionnent avec des adultes qui apprennent le français comme langue étrangère).

Faire de la grammaire en bougeant

Identifier le verbe

On commence avec quelque chose de facile car il ne faut aucun matériel. Il est préférable d’avoir un peu de place et de ne pas craindre les grands gestes.
L’objectif est d’identifier si un mot, tout seul, sans aucun contexte, est un verbe ou non. Cela ne fonctionne pas à 100 % mais pas loin (gardez en tête le Penseur de Rodin).
Le principe est celui de Jacques a dit, mais ici, Jacques dit tout le temps quelque chose et c’est à l’enfant de réfléchir si Jacques a raison ou s’il dit n’importe quoi.
« Jacques a dit : dors ! ».
Ça fonctionne, on peut tous fermer les yeux.
« Jacques a dit : fleur ! »
Impossible, on ne sait pas quoi faire, ce n’est pas un verbe.

C’est parfait pour gigoter, s’amuser et véritablement faire de la grammaire en bougeant.

Dessiner / Mimer les adjectifs

Le principe est encore une fois assez simple, on l’enrichit et le développe ensuite à volonté.
Dans la version active, on part d’une personne qui prend place au centre du groupe. Ensuite, chacun est invité à donner un détail qu’elle va devoir représenter.
Joyeuse = un grand sourire apparaît sur son visage.
Vieille = elle peut se pencher en avant et avoir une canne imaginaire.
Affamée = elle peut émettre des bruits de ventre ou chercher à manger.

Pour la version plus calme mais aussi plus facile à mettre en place avec un groupe, on propose la même chose avec un dessin sur un tableau blanc. On part d’un objet ou d’un animal et on le fait évoluer au gré des adjectifs donnés. Le tableau permet d’effacer des bouts pour redessiner aussitôt.

Ce qui est important ici et dans le jeu précédent, c’est qu’on fonctionne avec un seul mot, celui dont on cherche à identifier la nature, qu’il soit verbe ou adjectif.

Chasse aux trésors

Cela fonctionne dans une maison, une salle de classe, bref plutôt en intérieur (mais le supermarché est également OK, de même qu’un musée ou une salle d’attente tant qu’on respecte les autres usagers).
Il suffit de choisir un thème et l’enfant doit le trouver et le recopier (ou le photographier pour les plus jeunes).

Par exemple, on cherche le verbe « être » conjugué à n’importe quelle forme. On peut même faire des équipes pour savoir qui en trouve le plus dans un temps imparti.
Il est préférable d’interdire l’ouverture des livres, mais on peut copier des titres, des morceaux d’affiches, un bout de recette, etc.

Il faut vraiment adapter la chasse au lieu dans lequel on se trouve.
Il peut s’agir du chiffre 5 ou de toutes les marques de ponctuation. Ça c’est pour les plus jeunes et c’est pourquoi la photographie fonctionne mieux. On peut ensuite proposer de créer une affiche avec les photos le temps d’aller au bout de la découverte du thème.
Il peut aussi s’agir des groupes nominaux pluriel (ou féminin), de pronoms, etc.

Course de vitesse spéciale orthographe

Cela marche avec deux enfants ou simplement en utilisant un chronomètre pour battre des records. Quoique je dis ça, mais certains enfants sont contents de courir sans objectif de compétition, donc à vous, encore une fois, d’adapter.
Le principe est simple. D’un côté il y a des mots écrits correctement, de l’autre une feuille de papier et un stylo avec lesquels recopier les mots. Le problème est qu’ils sont chacun à un bout de la pièce (du jardin, de la maison…).

Il s’agit ici de travailler en premier lieu la mémoire, mais aussi de mettre en place des mécanismes de mémorisation.
Par exemple pour recopier « la chanson ». La première étape d’un enfant qui découvre la lecture (ou qui a une faible confiance en lui) est de retenir une lettre après l’autre. S’il les retient par trois, il va faire un voyage L-A-C puis H-A-N, etc.
Pour aller plus vite, l’étape suivante est de retenir certains sons. Cela donne [LA] [CH] suivi du son – an – qui s’écrit A-N. Soit trois informations distinctes retenues en une seule fois.

Avec le temps, on peut passer à des petites phrases et certains enfants pourront retenir [la chanson] sans se questionner sur l’orthographe car ce sera acquis.

Cueillir des ingrédients pour la sorcière

C’est un jeu pour les enfants qui apprennent à lire et c’est une variante du petit jeu de lecture pour enfant dyslexique.
L’adulte doit préparer des petits papiers avec dessus une syllabe. Strictement une syllabe par papier, mais on peut utiliser son imagination et sortir des habitudes des mots français (NION – GNIN – FRI – GOU …).
Ensuite, il s’agit de cacher les papiers et les enfants doivent les trouver pour les assembler par deux, trois ou quatre et former ainsi des ingrédients magiques. Il faut être capable de les lire pour les donner à la sorcière (l’adulte).
On peut à partir de là varier librement : l’enfant est le sorcier ou la sorcière et donc assemble lui-même ses ingrédients et les prononce au fur et à mesure. Ou encore le sorcier va cacher les papiers puis se met à une table et attend qu’on lui livre des ingrédients. Après quelques mots, une autre sorcière cache les papiers et laisse les autres chercher.

Conclusion

Je me suis vraiment limitée à des jeux impliquant de se mouvoir en dehors d’une table car il existe bien d’autres jeux de grammaire plus calmes, souvent avec un papier et un stylo (comme le petit bac avec en guise de catégories la nature des mots).
Si vous avez d’autres idées de jeux pour faire de la grammaire en bougeant, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour le présenter !

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