Comment faire l’instruction en famille quand l’enfant n’a envie de rien

On ne va pas se mentir, c’est une question fréquente, parfois déroutante et aux issues multiples. Faire l’instruction en famille quand l’enfant n’a envie de rien est épuisant pour le parent en charge. On doit gérer le quotidien (les courses, le ménage, etc,), l’instruction (le choix des supports, le temps qui passe) et la motivation des troupes. Sauf qu’à ce stade-là, on n’a pas forcément envie d’enfiler une tenue de pom-pom girl pour obtenir que l’aîné atteigne la table du salon et que le second réponde à une question.

Aucune formule magique ne se trouve dans cet article mais des pistes de réflexions pour que l’instruction en famille ne pèse pas sur tout le monde.

Psst, je dis « enfant » par commodité mais cela concerne tous ceux en âge d’être instruit de 3 à 16 ans.

face à l'enfant qui n'a envie de rien

Comprendre pourquoi l’enfant n’a envie de rien

Est-ce temporaire ou un refus de longue durée ?
Que veut dire « rien » ?

La première chose à faire est d’enquêter pour trouver éventuellement la cause mais surtout pour bien comprendre le problème. Il y a celui/celle qui ne veut pas travailler car il a l’impression de perdre son temps à ne pas confondre avec celui/celle qui pourrait rester au lit sans rien faire pendant des heures.

Voici quelques pistes possibles :
– une baisse de forme générale (fatigue, manque de magnésium, blues, dépression, …)
– un ras le bol du rythme en place, l’impression d’être un hamster dans sa roue
– la sensation de ne pas progresser, alors à quoi bon continuer
– le manque d’intérêt par rapport aux thèmes choisis pour l’instruction
– l’esprit occupé par des soucis autres que l’instruction (problème avec des amis, stress face à un événement à venir, …).

Si c’est juste une question de fatigue, le problème peut vite disparaître avec quelques jours de pause et en incluant plus souvent des journées Juste parce qu’on le peut. En cas de doute sur la progression, on peut envisager de changer le matériel. En cas de « fainéantise » ou de désintérêt, poursuivez la lecture de cet article.

Ne pas chercher de coupable

Il est facile de se laisser aller à chercher un coupable.

L’enfant qui ne fait pas d’effort.
Le parent qui est trop exigeant.
L’enfant qui ne comprend pas sa chance.
Le parent qui ne sait pas bien faire (qu’on le lui reproche ou qu’il doute de lui-même).
L’enfant qui se couche trop tard.
L’adulte qui remplit trop le planning.

Trouver le coupable ne résous rien. Cela n’apporte aucune solution, aucun réconfort.

Discuter et mettre à plat les attentes et besoins de chacun

Discuter est à prendre dans l’esprit du mot et pas forcément au sens premier. Certaines choses sont difficiles à dire de vive voix et en face à face.

Pour améliorer la situation, il est nécessaire de se poser ensemble, enfant concerné, parent instruisant et éventuellement le reste de la fratrie si la situation à un impact direct sur eux. Chacun doit alors prendre le temps de faire le point, face à lui-même, avant de verbaliser avec les autres. En tant que parents, on ne peut espérer améliorer durablement la situation en travaillant seul dans son coin.

Concrètement, prévoyez du temps, un lieu calme, une ambiance apaisée et de quoi écrire.
Commencez par faire le point personnellement. Pour cela, tracez deux colonnes sur une feuille, chacun la sienne, et noter d’un côté ce que l’on aime dans la situation actuelle et de l’autre ce qui ne va pas. Il s’agit d’être honnête et sincère. On peut écrire je n’aime pas « le stress que cela fait naître par rapport aux attentes de l’Éducation Nationale » ou « je ne peux pas poursuivre tel projet car tu m’appelles tout le temps » mais aussi « j’aime pouvoir me lever sans réveil » ou « j’aime écouter des histoires à tel moment ».
Puis chacun numérote chaque idée au sein de chaque colonne. Il s’agit d’identifier le point négatif le plus « grave », celui que l’on veut faire disparaître impérativement, et le point positif que l’on veut préserver à tout prix. Ce sont des éléments subjectifs qui n’ont pas à être discuté. Chacun vit l’instruction en famille à sa manière et toutes les émotions doivent être respectées.

Ensuite, ensemble, il faut réfléchir à des solutions pour faire disparaître ou réduire au maximum les éléments de la colonne « ce qui ne va pas », tout en respectant les éléments que chacun aime.
Il ne suffit pas de les dire, ces solutions.
Là encore, n’hésitez pas à prendre une feuille et à prendre en note les changements prévus et les engagements de chacun. On a plus de chance d’avoir des résultats avec un engagement qu’avec une obligation ou des menaces.
Suivant le style de la famille ou des personnes concernées, la feuille peut être une simple liste ou alors une belle affiche illustrée et colorée. On peut aussi se lancer dans la création d’un vision board pour garder sous les yeux ce qui nous sert de motivation.

Apprendre ensemble
Apprendre en famille, c’est accepté de créer ensemble l’organisation qui convient à chacun.

L’enfant « agréable » qui ne s’intéresse pas

Dans mon entourage, j’ai beaucoup entendu de mamans se plaindre de l’enfant qui ne veut rien, qui traîne des pieds, qui n’ouvre pas son cahier de lui-même. Le comportement que j’avais en tête dans toute la première partie de cet article.
Mais il existe un autre type d’enfant : celui qui fait ce qu’on lui demande mais qui ne s’intéresse pas. Qui est agréable car il commence son instruction à l’heure qu’on demande, il ne s’arrête pas si on sort de la pièce et il ne râle pas plus que ça. Mais rien ne l’intéresse. Il répond « si tu veux » ou « pourquoi pas » à tout. Quand on lui propose de faire des langues étrangères de façon plus ludique, on ne voit pas de différence entre ça et un cours magistral de grammaire.

Il y a un côté blasé qui peut aussi inquiéter. N’est-ce pas une forme de dépression de ne s’intéresser à rien ?

Mais ça veut dire quoi s’intéresser à quelque chose ? Avez-vous vraiment pris le temps de vous poser la question. Car je ne connais aucun enfant qui ne s’intéresse à rien.
D’accord, celui-ci n’a aucune affinité avec tout ce qu’on trouve dans le programme scolaire mais il m’a appris plein de trucs sur les camions et les tracteurs (donc des choses hyper intéressantes liées au moteur et aux alternatives écologiques).
Et ce petit garçon (plus si petit) est un bon exemple de ce qu’on attend d’un jeune instruit en famille : qu’il s’intéresse à des choses que l’on peut faire entrer dans le programme. Du coup, tout ce qui n’y entre pas n’est pas pris en compte.

Alors oui, même les enfants peuvent faire les choses parce qu’il le faut, sans être désagréable. Comme un adulte qui lave la salle de bain régulièrement par exemple. On peut même exceller. L’important alors est d’avoir le temps et la possibilité en dehors de ces obligations de faire ce qui nous intéresse vraiment, que ce soit feuilleter un magazine sur les tracteurs, construire un Lego immense ou organiser une fête pour les copains.

Conclusion

On commence l’instruction en famille avec l’envie ou l’obligation de faire autrement.
Il est ensuite facile d’oublier cette liberté possible en raison des rendez-vous avec l’inspecteur tous les ans (en France), avec des dossiers à présenter (dans différents pays), avec des tests réguliers (en Belgique). C’est pourquoi la discussion pour comprendre ce qui se passe est essentielle ; ainsi que la mise au clair de ce qui est important pour vous, entre vos valeurs et vos besoins plus primaires (sommeil, balade, etc.).
Bien souvent, on oublie que la communication est l’élément clé pour régler les difficultés du quotidien. Ne plus supposer mais écouter et ainsi trouver une nouvelle organisation qui convienne à tout le monde.

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