Face à l’enfant qui n’aime pas écrire

Je tourne ça de façon positive ou peut-être juste polie. On peut avoir face à soi un enfant qui n’aime pas écrire (pour ne pas dire qu’il déteste ça), que l’on soit enseignant ou parent. Actuellement il y a un discours fort autour de la détection des troubles dys (ce que je trouve être une bonne chose), mais on n’a pas besoin d’avoir un trouble d’apprentissage pour avoir une bonne raison de ne pas aimer l’écriture.

Une promesse difficile à atteindre

Savoir écrire, c’est comme la promesse d’une ouverture sur tout un monde. L’enfant pourra inventer des histoires, écrire des cartes, laisser des petits mots à ses parents. C’est beau, non ?

Mais ça, c’est le résultat final, car avant il faut apprendre.
Actuellement en France, on ne cesse d’avancer le début de l’apprentissage de l’écriture et personnellement j’ai du mal à voir la pertinence dans cette démarche. Ce que des enfants pouvaient apprendre en quelques mois prend maintenant des années. Les enfants en entendent alors parler tout le temps, sans fin, avec l’assurance que c’est loin d’être fini. C’est un choix français, comme on peut le voir dans cet article sur l’enseignement de la lecture (souvent associée à l’écriture) à travers l’Europe.

Même en imaginant un apprentissage totalement déconnecté des programmes scolaires, ce que permet l’instruction en famille, cela reste une compétence qui demande du temps.

On n’apprend pas à lire du jour au lendemain.
Il est alors facile de comprendre la frustration.

Encore une fois, je parle ici de tous les enfants dans une généralité grossière. Bien sûr que certains ont des troubles et méritent une aide supplémentaire pour écrire. Mais pour cela il faut que le processus d’apprentissage soit déjà bien entamé.

Ce n’est pas agréable d’échouer

Il y a donc cette promesse de ce que l’écrit permet et le travail à fournir pour l’atteindre. Certains enfants vivent mal de ne pas réussir du premier coup, d’oublier la différence de sens entre b et d, de devoir recommencer.

Ils sont alors nombreux à l’exprimer. « C’est trop dur, je n’y arriverai jamais, je suis nul·le, ce n’est pas pour moi. »

Le réflexe est alors de dire : « mais si tu vas y arriver, il suffit de s’entraîner, je vais t’aider, tout le monde y arrive. »
Des phrases qui finalement mettent de côté la réalité du vécu de l’enfant.

Et si on lui disait juste : « c’est dur, tu as raison ».

Tout n’est pas source de plaisir

L’écriture est un apprentissage qui n’est pas forcément amusant. Il est même difficile de le rendre amusant et on peut être honnête avec l’enfant.

Cet apprentissage est essentiel dans notre société. L’objectif est de développer une compétence. On peut essayer de le faire de façon ludique ou simplement dans la bonne humeur, assis sur les genoux d’un adulte que l’on aime, avec une bougie parfumée qui réchauffe l’atmosphère ou grâce au matériel Montessori.

Toutefois, accompagner, ce n’est pas enjoliver, ni mentir. C’est écouter, accepter et reconnaître la difficulté.
Puis se proposer pour trouver une solution s’il y en a une ou simplement pour rester là et soutenir l’enfant jusqu’au bout de son chemin.

Peut-être qu’il n’aimera jamais écrire, est-ce si important ?
Par contre il aura appris, en plus de l’écriture, que ses ressentis sont écoutés et validés par les adultes qui l’entourent. N’est-ce pas plus important ?

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