Comment sensibiliser à la différence – livres avec des personnages non-blancs

Ceci est une réflexion personnelle qui n’engage que moi.

Je ne sais pas ce qu’est subir le racisme*, je n’ai aucune idée de ce que cela représente au quotidien et je ne suis absolument pas la personne pour en parler. Je suis d’origine caucasienne de même que ma fille. Je fais donc partie des privilégiés, un concept qui plaît aux médias et qui n’est pas toujours simple à appréhender. Je l’ai découvert à 19 ans, tandis que le rouge me montait aux joues, aux oreilles, au cou et que j’avançais embarrassée.

Je rentrais d’un voyage au Canada. J’avais probablement flâné en attrapant ma valise et je me suis retrouvée dans les derniers mètres avant la sortie de la douane de l’aéroport au milieu de voyageurs en provenance d’Afrique sub-saharienne. Tout le monde se met en fil pour une fouille des bagages, je prends ma place, n’étant pas pressée de retrouver mon quotidien.
Un homme en uniforme (un douanier?) remonte la file. Soudain il m’aperçoit et me fonce dessus.
« C’est bon mademoiselle, vous pouvez sortir sans faire la queue. »

Privilège de la peau, de l’âge, du sexe.
Triple privilège.
Et ce n’est qu’une situation précise, une anecdote parmi de nombreuses autres que j’ai vécu à travers toute la France.

Il ne devrait pas y avoir de tel privilège.

Et pour cela, à mon sens, le premier pas est de reconnaître la situation et de trouver comment transmettre à ma fille, tout aussi caucasienne, empathie, respect, dépassement des différences.

Pour le moment, je n’ai pas vraiment réussi. C’est une mission difficile, pour moi, pour elle et qui me demande de faire des efforts. La reprendre quand elle me dit que X au conservatoire n’est pas Français, alors qu’il est simplement d’origine méditerranéen et probablement bien plus alsacien qu’elle. Ne pas utiliser en priorité la couleur de peau ou la religion pour évoquer tel ou tel ami dont elle a du mal à se souvenir.

Et je dois dire que j’ai parfois l’impression que les livres, mes principaux alliés pour réfléchir et discuter de sujets complexes, me laissent tomber. Qu’on ne trouve de héros non-caucasiens que dans les histoires ne se déroulant pas en Europe.

Je ne jette ici que des réflexions, l’envie de transmettre qu’être Français, ce n’est pas sur un visage que cela se lit, mais dans une culture commune (comme lire Claude Ponti et les contes de Grimm), dans une langue commune (aller chez l’orthophoniste et non le logopède), dans des règles de politesse partagées (faire la bise).
Des conseils, je n’en ai pas pour le moment, je peux simplement vous proposer quelques livres qui ont trouvé grâce à mes yeux dans leur représentation des enfants et des femmes. Par contre, j’espère pouvoir en discuter avec vous et ainsi me nourrir de vos idées et poursuivre ma propre sensibilisation pour transmettre au mieux.

livres avec personnages noires

Les livres ci-dessous sont organisés par tranche d’âge, débutant avec des albums terminant avec des romans pour adolescents. Ils ont en commun d’avoir un personnage principal non-blanc mais le sujet n’est pas le racisme ou l’acceptation de la différence. Cliquez sur les titres pour avoir toutes les références.

  • 2 petites mains et 2 petits pieds est un livre pour les jeunes enfants qui présentent plein de bébés différents.
  • Pendant que maman fait la sieste est un cartonné riche en « bêtises » où la maman est blanche et l’enfant métis.
  • Tous Ensemble est un album avec des découpes qui invite les enfants à s’unir pour grandir.
  • Mon coffret premières lectures Montessori est le titre d’une collection de livre pour les enfants en début de CP. D’un livre à l’autre le personnage principal est soit Suzy petite blonde soit Tom petit garçon à la peau noire. Lisez notre avis sur ces romans pour le CP.
  • Isadora et le rêve africain est un livre disque. Isadora s’envole dans un pays imaginaire (évoquant majoritairement l’Afrique) dès qu’elle ferme les yeux. Découvrez notre avis sur Isadora.
  • Les enquêtes du CP est une collection pour les enfants qui commencent à vraiment lire seuls. Dans la classe de CP, Lilou et Sékou sont toujours prêts à mener l’enquête au moindre mystère.
  • Pas de deux est une bande dessinée sans texte pleine d’aventures à la poursuite d’une souris verte.
  • Mes premières enquêtes est une série à découvrir à partir de 7 ans. Le héros Enzo adore résoudre des enquêtes.
  • Rue des copains est une petite série pour les enfants en primaire qui évoque les soucis du quotidien : harcèlement, addiction aux écrans, jalousie face à l’arrivée d’un petit frère, etc.
  • Tamara est une BD pleine d’humour à lire dès l’entrée au collège. Le personnage principal est une jeune fille en surpoids, tandis que sa petite-sœur à la peau mate (elle est Brésilienne).
  • Héros de l’Olympe est une saga pour les pré-adolescents et les adolescents amateurs de mythologie grecque. Les héros sont un groupe d’amis, tous américains, mais d’origine diverses (hispanique, cherokee, afro-américaine, caucasien).
  • Seuls est une bande-dessinée à suspens qui a énormément de succès (et je comprends pourquoi, elle est bien construite). Par contre il faut la lire dans l’ordre car les aventures se poursuivent d’un tome à l’autre et c’est vraiment pour ados (jetez un œil à la couverture).
  • Ms. Marvel est un comics de super-héros pour ados. L’héroïne est Kamala Khan, jeune pakistanaise musulmane, tiraillée entre son super-pouvoir et les attentes de sa famille.

albums avec des personnages noirs

D’autres pistes encore sur le site de Mistikrak !

PS : En France, les différences entre tous ceux qui sont Français aujourd’hui reposent sur une histoire longue et complexe, passant par la colonisation et les migrations entre autre. Je vous prépare donc un article de ressources pour aborder ces thèmes avec des enfants.

* Le racisme repose sur la notion de race spécifiquement. À ne pas confondre avec l’idée de discrimination dont tout le monde peut être victime : trop femme, trop roux, trop gros, trop croyant, trop petit, trop…

2 réponses sur “Comment sensibiliser à la différence – livres avec des personnages non-blancs”

  1. Je suis mitigée quand a la façon de décrire les individus. Si je veux parler de quelqu’un, je vais énumérer les points qui font d’elle ce qu’elle est. Le sexe, la couleur des cheveux, la taille, le type de vêtements, et évidemment la couleur de peau. Est-ce raciste ? Je n’ai pas la réponse. J’aurais tendance a dire qu’il serait plus judicieux de ne pas faire de différence et de parler de cette grande personne blanche en robe rouge comme de celle qui est noire et porte des collants rayés. C’est un signe distinctif comme un autre.
    En tout cas merci pour cet article et ces livres.

    1. Ce n’est en soi pas raciste, mais c’est mettre l’accent sur ça comme unique façon de distinguer les gens. Et ça pose problème pour des familles comme la mienne où la majorité de notre entourage est caucasien. Du coup on ne dit jamais « blanc » car c’est par défaut et c’est ce petit détail qui coince.
      En insistant sur la profession, le lieu où l’on a croisé la personne en question ou même sur sa famille, la blague qu’elle avait raconté, on remet tout le monde sur le même pied.
      Ou si on reprend ton exemple, il suffit de parler de robe ou de collants, sans plus.
      Mais je n’ai pas non plus de réponses, juste des réflexions et une certaine lassitude face à des situations aberrantes que je constate au quotidien dans ma ville ou dans la société française.

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